La Beauté du Geste
La Beauté du Geste Exposition collective présentée par Argia Art Advisory Du 18 juin au 17 août 2026 Vernissage le 18 juin de 17h à 21h. Chez Terrasse en Ville, 6 rue de la Bergerie, Biarritz. Face à une société qui se jette à corps perdu dans l'accélération, à une production industrielle exponentielle qui défie toute logique et menace de nous détruire, la création artistique a le devoir de suivre un autre temps. Argia Art Advisory réunit ici six artistes qui font de la lenteur une matière et un manifeste. La beauté du geste tient moins à la virtuosité qu'au renoncement : l'instant où la main se laisse guider, où l'artiste se fond dans un mouvement qui le dépasse. Un acte poétique. Le geste juste advient lorsque celle ou celui qui le porte renonce à le contrôler; Et c'est alors que discrètement peut s'exprimer la grâce. Ce que ces artistes rendent à la société, c'est ce temps long que la modernité ne sait pas produire, une attention qui prend le contre-pied de l'ivresse de l'accélération. -- Pablo Gosselin travaille la destruction créatrice : il investit les murs et les espaces vides, et fait naître la forme à partir de l'accident et de l'erreur. Chez lui, le geste n'est pas une maîtrise mais l'acceptation de ce qui échappe à la main. Nicolas D'Olce grave la matière (plexiglas, plâtre, verre) à l'aide d'outils électriques dont la vibration vient contrarier l'assurance du dessinateur. De cette tension naissent des épicentres et des fossiles imaginaires, une cartographie des turbulences du monde. Le geste y devient incident assumé, presque sismique. Audrey Bertoia, dont la peinture signe l'image de cette exposition, a fait de l'huile un médium et un rapport plus lent au temps. Entre réalisme et rêverie, ses toiles traduisent la sensation plutôt que le détail, dans la filiation des impressionnistes. La couleur, la matière et le geste y portent l'émotion. Valentine Reinhardt, est photographe et peintre. Elle compose des images oniriques où la nature foisonne : jungles, mers, corps fondus dans le végétal. Du dessin à l'aquarelle, de la photographie au numérique, son geste circule entre les médiums sans jamais choisir, et puise sa source vive sur la côte basque. Gabriel Boudin, sculpteur sur bois et sur terre formé dans l'atelier de son père, façonne des corps et des visages sans modèle, puis en interroge l'intégrité. Le bois, glané dans la nature, garde la mémoire de ses formes premières. Son travail est le geste à l'état pur, la main qui donne forme à la matière. Sidney Carron, représentée par Paul Bihr de la galerie Sakana (Saint-Sébastien), revient à la matrice même de la photographie : la lumière. En extérieur, près de l'eau, elle dispose corps, branches et pierres sur la surface sensible, puis laisse le soleil, le vent et la mer achever l'image. Son geste consiste à composer puis à se retirer, jusqu'à ce que la nature devienne co-autrice et qu'il reste des empreintes solaires, à mi-chemin entre photographie et peinture. -- Visuel : Peinture d'Audrey Bertoia - © 2026