Né le 28 août 1962 à Draguignan Diplômé de Penninghen Le sujet de l’épicentre est un point névralgique dans le travail de Nicolas d'Olce. L’épicentre est un générateur de projectiles dont les formes retravaillées deviennent des vestiges imaginaires, la mémoire d’une déflagration créé de toutes pièces, un paradoxe artistique entre la crainte d’une destruction et l’excitation d’une construction édifiée sur de mystérieux morceaux. Au centre de son atelier, des débris posés comme des objets sont ce quelque chose qui reste. Ils portent une tension constante et sont des accidents pris dans la chair de la matière. Plâtre, bois, charbon, plexiglas et gomme, Nicolas d’Olce cumule les mediums dans un vaste projet où le temps finit par donner une existence au matériau. Tout semble érodé et dégradé en une sublimation graphique où chaque ligne, chaque point, chaque éclat accumulé sur les formes crée une typographie abstraite gravée dans la masse. Le noir absorbe, il nous capte. Sur les panneaux de plexiglas de l’installation « La trame du monde », il est spatial et glacé. Dans son épaisseur pétrolifère la scie circulaire et les mèches des machines électriques ont dessiné le plan gigantesque d’un réseau infiniment petit : une succession d’incisions brutales et chirurgicales d’un bleu numérique. Nicolas d’Olce a réalisé cette cartographie comme un écran surdimensionné, presque digital. On y sent une saturation, voire une rupture ; la marque évidente de sa collaboration avec des scientifiques de l’INSERM, cette même institution pour laquelle il a réalisé sur un triptyque le parcours fantastique d’une particule nanométrique dans l’immensité d’un cerveau en plein chaos. Il n'est peut-être plus question de peinture... ce qui expliquerait qu'il ait développé progressivement son travail avec des artisans d'exception, se donnant ainsi l'opportunité de s'ouvrir de nouveaux champs d'expérimentations. A l'occasion de la réalisation d'une oeuvre monumentale en verre gravé pour la maison Guerlain, il a travaillé dans les ateliers du maître verrier Bernard Pictet et plus récemment avec le céramiste Jean-Marie Foubert à la Tuilerie de Treigny pour créer une oeuvre d'extérieur, à la demande d'un collectionneur. Dans la continuité de ses investigations de la matière et de ses incessantes transformations, Nicolas d’Olce déploie son travail dans le double champ de l’abstraction et du formalisme. Ainsi, dans les séries de tableaux intitulées "Fuite" et "Zone", c’est la couleur qui devient le centre d’un événement. Elle se répand en d’immenses voiles flottants et monochromes grâce à un principe artisanal d’impression puis de transfert élaboré par l’artiste. D’ailleurs il admet avoir une admiration pour le Color field painting et une attirance pour le minimalisme. Mais là, devant ces œuvres plastifiées, faites de microfibres de verre et de résine acrylique, d’encres et de pigments projetés dans du plâtre, on est loin de l’apaisement. Pour certaines, leur texture est glissante et translucide ; on y croise des siphons fibrés dans lesquels le regard s’enfuit. Pour d'autres, conçues comme des territoires brûlés, on y respire, au-delà de leurs frontières, l'odeur du carbone, des acides et du souffre. Ces étendues de matières sont suspendues; dermes figés ou cuirasses chimiques, elles nous renvoient aux dérives de notre monde... Jimi Hendrix
Elisabeth Mironenko-Blankoff, née à Paris en 1992, est une artiste française d’origine russe-ukrainienne. Son travail explore les croisements entre le réel, l’imaginaire et le sacré, interrogeant les perceptions du temps et de l’espace. Elle s’aventure dans des constructions dissimulées et entremêlées, tissant des liens entre identité personnelle et influences culturelles. Sa réflexion s’inscrit dans la problématique d’une confusion entre croyance et réalité, c’est à dire sur les mythologies incontournables que l’on fabrique sur nous-mêmes et sur les autres. L’Histoire et la Mémoire, indissociables de leurs récits et des histoires personnelles, sont à la fois le point de départ et le point final de son travail. Elle cherche à rendre au réel sa dimension fictionnelle, et aux fictions leur dimension réelle. Il s’agit de remonter à un point d’interrogation où une autre lecture des signes est possible et où l’espace-temps est manipulé librement. Ces images mises au monde renvoient à des souvenirs, des expériences vécues ou fantasmées, tel un exode intérieur. Elle tente une reconstitution de la diversité pluri-culturelle dont elle est issue, tout en opérant des distinctions alors même qu’elle ne peut pas limiter son identité à des frontières strictes. La perméabilité des mondes se révèle alors, même là où il ne semble y avoir qu’altérité. Ainsi la question du voyage, au sens de confrontation aux civilisations, de documentation textuelle et visuelle et de rencontre humaine, est primordial dans son travail. Sa mémoire est habitée : fresques, ruines, icônes, enluminures, textiles, objets, motifs, musiques, textures, couleurs, vibrations, calligraphie, signes, symboles et langages, architecture et imagerie antique et médiévale. APPROCHE PLASTIQUE Elle manipule la matière à travers des expérimentations évolutives qui imitent le passage du temps; son processus de création laisse place à la spontanéité, au lâcher-prise, au hasard, au recommencement, à l’apparition, au repentir, à l’effacement total ou partiel, au palimpseste, à la réaction chimique, voire à la destruction. Mais cette prise de liberté s’articule avec une maîtrise technique contrôlée, cherchant justement cet équilibre d’une forme et d’un contenu sont indissociables. Parmi les nombreux médiums pratiqués au cours de sa vie, Elisabeth a choisi depuis quelques années d’approfondir davantage la peinture à l’huile, les pigments naturels et le stuc de chaux. La question du support a pris une place prépondérante pour jouer avec la matière – plexiglas, bois enduit, toile enduite, placoplâtre – et il est souvent fabriqué ou coulé sur mesure, comme le plâtre de moulage. Dans ses peintures, le spectateur est témoin du passage du temps, des strates du passé ainsi que de la transmission de ses croyances et origines familiales. Ces racines sont variées, instables, éclectiques voire paradoxales, et c’est ce syncrétisme qui donne à Elisabeth ce besoin de les réconcilier. PARCOURS ET INFLUENCES Elisabeth est diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Appliqués et Métiers d’Arts (ENSAAMA Olivier-de-Serres) de Paris. Après avoir suivi le cursus de Design Graphique en médias imprimés et publicité, elle s’est orientée vers un Master de Direction Artistique spécialisé dans les médias digitaux. Elle a vécu et travaillé à Paris, au Pérou, en Israël et en Occitanie. Elle a reçu son dernier diplôme en 2022 à l’Ecole Européenne de l’Art et des Matières d’Albi, dans la Spécialité en Décor Mural (enduits naturels : argile, chaux, plâtre). Fille de l’artiste conceptuel russe Vladimir Mironenko, d’origine russe et cosaque, et de Raïssa Blankoff, journaliste et attachée de production à Radio France, petite-fille du professeur belge Jean Blankoff, Docteur en Philologie et Histoire slaves, et de la professeure américaine Goldie Scarr, d’origine ukrainienne ; Elisabeth parle cinq langues et écrit dans trois alphabets. Imprégnée par l’univers de ses grands-parents dont la maison à Bruxelles est parsemée d’oeuvres et objets anciens d’Asie Centrale, Occidentale et Russe, mais aussi influencée dès l’enfance par les avant-gardes d’art conceptuel d’ex-urss dont son père fait partie, elle y ajoute un intérêt personnel pour l’art dit naïf, singulier ou modeste. Son travail s’accompagne inlassablement d’expérimentations techniques diverses, dans l’optique de libérer le trait voire perdre le contrôle sur les acquis. Cette philosophie rejoint son désir de transmettre et d’enseigner, notamment auprès des enfants. Elisabeth a fondé en septembre 2017 l’Atelier Matis, en Occitanie, espace dédié à l’enseignement des arts visuels aux enfants, adolescents et adultes sous forme de cours réguliers et stages. Cet atelier permet de s’initier de façon ludique et contemporaine à une variété de techniques relatives aux arts visuels et métiers d’art. La créativité et l’expérimentation sont encouragés à travers des ateliers de peinture, dessin, photographie, mosaïque, gravure, reliure-édition, encadrement, typographie, collage, design graphique etc. « J’aime jouer avec l’ambiguïté dans mon travail, abordant parfois des sujets sérieux de manière inattendue, enfantine, naïve, onirique, décontractée, décadente, voire provocatrice. »
Valentine Reinhardt est une artiste multi-disciplinaire. Après des études à l’école d’Arts Graphiques Penninghen à Paris, elle fut primée par le Club des Directeurs Artistiques, et shortlistée aux D&AD Awards pour ses vidéos réalisées pour l’artiste Sébastien Tellier. L’univers de Valentine se démarque par son style graphique, ses couleurs intenses et son onirisme. Elle aime transformer, détourner, se jouer des codes avec humour et poésie pour donner naissance à images singulières. Sa quête de beauté la pousse à réinventer le monde qui l’entoure en sublimant la réalité. Par leurs compositions et leurs couleurs, ses images évoquent souvent l’univers de la peinture surréaliste. Son travail s’articule autour de la peinture, de la photographie et de la video. Valentine a collaboré avec des marques comme Nike, Sfr, Apple, Instagram, et des artistes comme Youngr, Gesaffelstein et The Weeknd. Elle présente sa première exposition personnelle intitulés « Vanités » à Paris en 2023, et à Genève en 2024. « Arcane » marque sa deuxième exposition personnelle, présentée à Londres en 2025.
Pablo Gosselin (Rouen, 1986) s’intéresse aux fluctuations de la matière, à ses jaillissements, à ses pertes, à ses devenirs inconnus. Il observe les traces abstraites laissées dans son environnement, puis prélève et matérialise certains de ces éléments par le biais du cadrage et du coffrage. Ses sculptures recherchent une poétique de la matière : tantôt géométriques, tantôt atmosphériques, il tente de matérialiser les flux du vivant (passage de l’eau, passage du feu, passages d’animaux, passages des hommes) avant qu’il ne s’efface pour changer progressivement de forme. Il s’intéresse également à ce que l’on dit généralement des échecs, des rebuts, des déchets : une tâche d’huile de moteur que l’on recouvre de sciure (T de Silo), une casserole de riz trop cuite qui se scelle (Tas de riz), une grenaille ratée qui s’écrase violemment au sol, laissant des impacts poétiques (82PB). De ces rebuts, il fait naître de nouvelles formes, cherche à donner à voir leur potentialité. Ses objets oscillent entre la perte d’un état matériel et la naissance d’une nouvelle forme, la mélancolie des ruines et l’exaltation de ce qui est à venir.
Née à Lyon en 1995, Audrey Bertoia a étudié le design graphique à l’École des Beaux-Arts de Rennes. Elle vit aujourd’hui à Biarritz, où elle a installé son atelier. Depuis l’obtention de son diplôme (DNSEP) en 2020, elle ancre sa pratique dans la peinture à l’huile, tout en naviguant entre art et design, explorant sans cesse d’autres médiums tels que le textile, la céramique, l’illustration ou la fresque. Son exploration picturale l’a conduite à élaborer une peinture mêlant réalité et fiction, donnant vie à des scènes vibrantes et énigmatiques. Frôlant le surréalisme, ses compositions figuratives, imprégnées de couleurs intenses, interrogent l’expérience humaine et son rapport à la nature, à la musique et à la poésie. Par la lumière et la couleur, elle façonne des images sensibles où le réel se teinte d’étrangeté, ouvrant un espace de contemplation et d’évasion.